Les avantages de la mondialisation

Les avantages de la mondialisation

La mondialisation profite aux français, dit Mark Spelman

La mondialisation change la vie de tous alors que le rythme de l’interdépendance économique s’accélère entre les pays industrialisés et émergents. Les débats quant au bénéfice de la mondialisation pour les consommateurs, employés, sociétés et gouvernements européens et les perspectives à venir abondent.

À travers l’Europe, les effets de la mondialisation ont été à la fois positifs et négatifs. Étant donné l’importance exceptionnelle de la France au sein de l’Europe et alors que la France est sur le point de prendre la présidence de l’Union européenne, le Conseil exécutif de la Chambre de Commerce américaine auprès de l’Union européenne (AmCham EU) ont commandé une étude visant à examiner la France de plus près.

Il a été demandé à MM. Daniel S. Hamilton et Joseph P. Quinlan du Centre pour les relations transatlantiques de l’Université Johns-Hopkins à Washington DC d’effectuer une série de calculs afin de mesurer l’impact de la mondialisation sur la France. L’analyse objective la plus récente révèle que la France est un bénéficiaire net de la mondialisation, bien que cela n’ait pas été sans peine pour certains secteurs de l’économie.

Lorsqu’on examine la situation de la France sur la scène internationale, il y aurait beaucoup à dire sur la perte d’influence et de pouvoir du pays en termes politiques. Cependant, lorsqu’on ne regarde que les données économiques, cette tendance est entièrement inversée. Depuis 1998, l’impact économique de la France sur le monde a augmenté de manière sensible. La France demeure une des entités les plus grandes et les plus compétitives du monde.

La mondialisation a engendré des gains importants dans le secteur de la production et des services commerciaux. En 2006, la France se classe cinquième avec 490 milliards USD d’exportations juste après l’Allemagne, la Chine, le Japon et les Etats-Unis, et sixième en ce qui concerne les importations qui totalisent 535 milliards USD.  Les exportations de la France à destination des pays en voie de développement dans le monde ont fortement augmenté : entre 2000 et 2006, les exportations à destination de l’Asie ont augmenté de 142 pourcent.

Les importations de moindre coût des pays en voie de développement vers la France ont profité à cette dernière en exerçant une pression à la baisse sur les taux d’intérêt, en stimulant les gains réels de salaires pour les employés et en offrant aux consommateurs davantage de choix et des prix plus bas.

La France demeure l’une des destinations les plus attrayantes du monde pour les multinationales. La sortie des IED a permis de stimuler la compétitivité et les recettes des multinationales françaises alors que l’apport des IED a contribué à la création d’emplois et à l’augmentation des salaires des ouvriers français.

Les États-Unis sont le principal investisseur étranger en France, disposant de 3 000 sociétés responsables de 594 100 emplois, ce qui correspond à 16 % de toutes les créations d’emplois en France en 2007. Les sociétés américaines affiliées en France emploient presque 20 pourcent de plus d’employés que les sociétés américaines affiliées en Chine.

La mondialisation a également augmenté la mobilité des travailleurs en Europe. Dans son ensemble, la population européenne décroit et vieillit ; il est attendu que l’Europe perdra 60 millions de travailleurs au cours de la prochaine décennie.

Ceci aura un impact profond sur les tendances à la consommation, les besoins en soins et logements, les attitudes sociales, les capacités de défense et les priorités politiques sur le continent. Le taux de fertilité de la France de 1,94 enfant par femme place le pays dans une situation plus favorable que le reste de ses homologues européens et, avec l’immigration, la France enregistre une hausse modeste de sa population.

La compétitivité mondiale a considérablement augmenté en raison de la mondialisation et, ici aussi, nous constatons que l’Europe et la France devraient encore plus tirer parti de la situation grâce à un investissement accru dans le domaine de la recherche et du développement et de l’innovation.

La technologie est un facteur économique clé de différentiation, une variable qui sépare les économies supérieures du reste du monde. L’innovation technologique réside au cœur du potentiel de croissance à long terme de toute économie.

Actuellement, nous constatons que la France est à la traîne de certains de ses voisins européens et autres économies mondiales importantes. Afin d’inverser cette tendance, une augmentation des investissements est certainement un début mais l’ouverture du système éducatif à des partenariats stratégiques entre universités et entreprises peut également constituer un stimulus à l’innovation et la créativité.

La France est potentiellement bien positionnée pour tirer parti de la mondialisation dans nombre de secteurs, les perspectives économiques sont saines et, au cours des dernières années, le rendement a augmenté et les finances publiques se sont améliorées.

Les réformes récemment introduites par le gouvernement français ont pour objectif de s’attaquer spécifiquement à certains obstacles de la croissance économique et d’assouplir les rigidités en les adaptant davantage aux besoins du marché.

Le Président Sarkozy a déclaré que la France avait besoin de jouer le jeu de la mondialisation, une illustration de la volonté de son gouvernement de travailler davantage à l’ouverture des marchés et en faveur de l’augmentation des investissements dans les secteurs clés afin de maximiser les capacités.

Le débat quant à l’impact positif ou négatif de la mondialisation n’en est sans doute pas à sa fin alors qu’il ne porte pas uniquement sur la mondialisation mais plutôt sur l’image que la France a d’elle-même, au moment où les Français jugent si la mondialisation constitue un affront à leur mode de vie. La mondialisation est sans aucun doute synonyme de défis et a affecté certains secteurs de l’économie mais elle a aussi était source d’opportunités uniques dont la France doit tirer parti.

Mark Spelman est président du conseil exécutif de la chambre de commerce américaine auprès de l’Union européenne
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