Place aux priorités
La France devrait rester fixée sur ses priorités pour la présidence, malgré le ‘non’ Irlandais, écrit Graham Watson
Il n’est pas rare de voir que mêmes les plans les mieux préparés soient perturbés par des événements imprévus. La présidence française ne fait aucune exception.
Ses priorités ont été dévoilées presque dès le début de l’année, bien que le vote irlandais ait forcé la future présidence à réorienter son temps et son énergie sur des sujets institutionnels que la plupart avaient espérés en être débarrassés.
Hormis la résolution de la question irlandaise, les priorités de la présidence sont au nombre de quatre : finaliser le paquet sur le changement climatique ; s’occuper de l’immigration par le biais d’un pacte exhaustif sur l’immigration et le droit d’asile ; développer la politique européenne de sécurité et de défense encore à ses débuts (notamment en mettant à disposition 60.000 hommes pour des interventions rapides) ; et avancer des propositions pour une réforme à long terme et une durabilité de la politique européenne de l’agriculture.
Tous ces points essentiels sont déjà des questions sensibles, dès lors, il n’est pas très utile qu’un calendrier et une présentation minutieux de ceux-ci soient parfois anticipés ou mal utilisés dan le but de faire les gros titre.
Le Président Sarkozy devra se concentrer sur l’essentiel des affaires européennes d’une façon plus conciliante et plus pragmatique s’il revendique six mois de réussite en tant que président de l’Union des 27 membres.
Le paquet de la Commission sur le changement climatique, lancé en janvier cette année, doit être ficelé avant les élections du Parlement européen l’été prochain si l’UE a un mandat logique et ambitieux pour les négociations de décembre 2009 à Copenhague sur le successeur du protocole de Kyoto.
Le paquet énergie - l’ouverture du marché du gaz et de l’électricité en l’Europe à la concurrence sollicitera une main habile pour naviguer entre le nationalisme économique des plus grands Etats membres et le désir pour plus de choix, une meilleure sécurité d’approvisionnement et des prix plus compétitifs pour les consommateurs.
La France héritera également d’un cocktail corsé de prix records des carburants et des denrées alimentaires qui engendent la pauvreté et la famine aussi bien en Europe que dans beaucoup de pays en voie de développement. La crise financière et le resserrement de crédit (« credit crunch ») résultant des sub-primes du marché de l’immobilier américain ont réussi à créer ce que certains ont nommé « la tempête financière parfaite ».
La manière dont la France et la BCE (récemment en désaccord) traitent les obstacles financiers déterminera également, en grande partie, comment la présidence française entrera dans l’histoire.
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