L’avenir de l’agriculture
Premier budget européen jusqu’à l’année dernière, politique emblématique de l’Union européenne, enjeu économique et stratégique majeur, la Politique Agricole Commune ne pouvait pas laisser les régions françaises indifférentes à l’heure où la présidence française de l’Union européenne fait de l’avenir de la PAC une de ses priorités.
Pour les régions du Grand Ouest français (Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes – dont je suis la présidente – et Basse-Normandie), les enjeux agricoles sont majeurs: un quart des surfaces agricoles françaises et près du tiers de la valeur de la production nationale. 350.000 emplois agro-alimentaires sont étroitement liés à cette activité, qui place le Grand Ouest au tout premier rang européen en matière agricole et alimentaire.
On l’aura compris : le «dossier PAC» pour ces régions est une priorité. Le 20 mai dernier, la commission européenne a présenté sa proposition de bilan de santé de la politique agricole commune, qui prépare surtout la prochaine grande réforme qui prendra effet en 2013. Nos quatre régions ont présenté une réponse commune à ce bilan en s’interrogant : quels objectifs pour la PAC ? Quelle stratégie agricole dans les négociations internationales, en particulier à l’OMC ? Quelle place pour la politique agricole en Europe ? Quels nouveaux outils pour une PAC plus juste ?
La finalité est bien celle d’une PAC en relation étroite avec les territoires, les citoyens et les attentes économiques, sociales et environnementales d’aujourd’hui.
Fortes de cette analyse, les régions avancent une série de propositions claires et ambitieuses pour la PAC de demain.
Relever le défi alimentaire : Dans un monde où la population augmente et les ressources se raréfient, l’indépendance alimentaire de l’Europe est un enjeu vital. La politique agricole doit donc absolument rester commune et demeurer une priorité pour l’Europe.
Elle doit également être clairement distinguée de la politique de développement rural qui n’a pas les mêmes objectifs. Répondre aux enjeux économiques: la libéralisation de la PAC met notre agriculture à la merci de crises dévastatrices.
L’Europe doit donc conserver une capacité de régulation des marchés agricoles, et défendre ses choix sans complexe à l’OMC. Il y va de l’avenir de l’aménagement durable de nos territoires avec comme corollaire le maintien des populations sur ces territoires.
Prendre en compte l’environnement et le climat: la principale force de l’agriculture européenne, c’est sa diversité. L’Europe doit davantage promouvoir ses productions de qualité, appellations d’origine, biologiques, sans OGM, respectueuses de l’environnement et de la biodiversité, plus aptes à faire face aux changements climatiques.
Régionaliser pour plus de proximité : La PAC est une politique décidée aux niveaux européen et national, mais elle produit essentiellement des effets locaux : comme la plupart des régions européennes, les régions françaises doivent impérativement pouvoir adapter la PAC aux réalités de leurs territoires.
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